Dès 12 ans

La compagnie Le Vélo Volé présente « Kids », un texte de Fabrique Melquiot au festival d’Avignon 2021. Le festival se tient jusqu’au 31 juillet 2021 et ce spectacle est joué à 19h tous les jours sauf le 26 juillet.

François Ha Van met en scène ce texte qui raconte la vie de 8 adolescents sous le siège de Sarajevo, cette guerre qui a frappé la capitale de Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1995. La scénographie met en avant la noirceur du sujet : le théâtre Au Bout Là-Bas installe les spectateurs dans une petite salle noire, basse de plafond. Le plateau est presque nu avec quelques caisses noires elles-aussi et une grande bâche grise.  Les 8 comédiens sont vêtus de haillons. Le texte évoque leurs difficultés, leurs peurs, leurs espoirs, leurs solidarités. Rien n’est fait donc pour gommer la difficulté du sujet, dont certains n’entre nous se souviennent peut-être.

Entièrement écrit pour des adolescents, le texte de Fabrice Melquiot comporte plusieurs particularités, toutes respectées par le metteur en scène, apportant des respirations.
>Le langage riche et poétique, qui contraste avec le récit terre-à-terre de la guerre vécue par des orphelins et leur peur devant le changement qu’amène la paix dans leur quotidien.
>Des aller-retours constants entre le présent (le premier jour de paix) et le passé (à différents moments du siège de Sarajevo).
>Des passages chantés, accompagnés sur scène à la guitare.
> La présence d’un narrateur donnant des indications de mise en scène.

La fable de Fabrice Melquiot se passe à pendant cette guerre civile en Bosnie-Herzégovine qui a opposé les minorités serbes, croates, orthodoxes, musulmans et bosniaques du pays. Les personnages sont restés solidaires entre eux pour survivre à la guerre. À eux seuls ils représentent l’esprit de Sarajevo, celui d’avant la guerre. Au-delà des différences ethniques et religieuses dont les jeunes ont bien conscience qu’elles sont les instruments de cette guerre, les 8 adolescents apprennent à  (sur)vivre ensemble. Sorte de « meute » plurielle, avec son chef, ses aspirants, ses rivalités, ses complicités et ses rêves... Des scènes touchantes ponctuent la représentation : celle où, sous les bombes, les enfants continuent à apprendre – il ne faut pas mourir idiot – celle où ils chantent, celle où « le chef » leur lit des passages de Dostoïevski, celle où alors que le conflit touche à sa fin, les ados préparent une parade pour se faire voir des journalistes occidentaux ….

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